E172 — Oxydes et hydroxydes de fer

Le E172 (Oxydes et hydroxydes de fer) est un additif alimentaire de la famille des colorants. Son rôle : donner ou raviver une couleur : un aliment industriel perd souvent sa teinte à la cuisson ou au stockage, le colorant la restitue (ou invente une couleur plus appétissante que nature).

Évaluation EFSA non concluante

On croise les oxydes et hydroxydes de fer dans des confiseries et biscuits chocolatés comme Milka ou les M&M's, mais aussi dans des produits plus inattendus comme les friandises pour animaux de la marque Knaggies. Recensés 505 fois dans la base collaborative Open Food Facts, ces colorants servent à teinter ou aviver la couleur d'un aliment qui, sans cela, apparaîtrait plus terne après sa fabrication ou son stockage. Selon la nuance recherchée, on obtient des teintes allant du jaune au brun en passant par le rouge ou le noir, ce qui explique leur usage varié dans l'agroalimentaire comme dans d'autres secteurs, notamment les compléments alimentaires ou les cosmétiques.

Ces colorants sont d'origine minérale, obtenus à partir de composés du fer, ce qui les distingue des colorants végétaux ou synthétiques organiques. Leur réévaluation par l'Autorité européenne de sécurité des aliments, publiée en 2015, a porté sur l'ensemble des usages alimentaires de l'E172 afin d'actualiser les données disponibles sur cette famille d'additifs.

Carte d'identité

NuméroE172
NomOxydes et hydroxydes de fer
FamilleColorant
Dose journalière admissible (DJA)Aucune DJA en vigueur — l'EFSA n'a pas pu en établir, la base de données toxicologiques étant insuffisante (une DJA de 0 à 0,5 mg/kg avait été fixée par le JECFA en 1980)
PrésenceRecensé dans 505 produits vendus en France (base Open Food Facts)

Le E172 est-il dangereux ?

Le E172 fait partie des rares additifs sur lesquels l'EFSA n'a pas pu se prononcer : dans son avis de 2015, le groupe scientifique a conclu qu'une évaluation adéquate de la sécurité du E172 ne pouvait pas être conduite, la base de données biologiques et toxicologiques disponible étant insuffisante. Cela ne signifie ni qu'il est dangereux, ni qu'il est sûr — mais que la question reste ouverte.

Dernière évaluation EFSA (2015) : Scientific Opinion on the re-evaluation of iron oxides and hydroxides -E 172- as food additives.

Une évaluation restée inachevée

La formulation de l'EFSA est sans ambiguïté et mérite d'être citée telle quelle : le groupe scientifique a conclu qu'une évaluation adéquate de la sécurité du E172 ne pouvait pas être menée, faute d'une base de données biologiques et toxicologiques suffisante, et a recommandé que des données toxicologiques supplémentaires soient fournies.

La Commission européenne en a tiré les conséquences en lançant, le 5 décembre 2016, un appel à données scientifiques et techniques adressé aux industriels. Le mécanisme est explicite : si les données demandées ne sont pas fournies, ou si elles ne suffisent pas à l'EFSA pour conclure, l'autorisation est révisée sur la base de l'avis existant et l'additif peut être retiré de la liste européenne.

Ce qui a bloqué : la génotoxicité

Le point d'achoppement est identifié. Les oxydes de fer rouge et noir, sous forme nanométrique comme micrométrique, se sont révélés positifs dans des essais de génotoxicité in vitro sur cellules de mammifères. Compte tenu des limites de la base de données et de l'impossibilité d'extrapoler d'un oxyde de fer à l'autre lorsqu'ils diffèrent par leur état d'oxydation, le groupe scientifique a considéré que la génotoxicité des oxydes de fer ne pouvait pas être évaluée à partir des données disponibles.

Sur les autres volets, les éléments étaient soit rassurants, soit inexploitables : la toxicité aiguë par voie orale est supérieure à 10 g/kg de poids corporel, une dose sans effet indésirable observé de 1 000 mg/kg par jour a été retenue pour l'oxyde de fer rouge — la dose la plus élevée testée —, mais les études de cancérogénicité et de toxicité pour la reproduction n'étaient pas publiées et n'ont pas pu être examinées.

Le chiffre qui mérite attention

Une DJA de 0 à 0,5 mg par kilo de poids corporel et par jour avait été établie en 1980 par le comité mixte FAO/OMS. Or les estimations d'exposition affinées reprises par la Commission vont de 0,03 mg/kg de poids corporel et par jour chez les nourrissons à 3,7 mg/kg chez les jeunes enfants en moyenne, et jusqu'à 9,5 mg/kg au 95ᵉ percentile dans cette même classe d'âge.

Le rapprochement de ces deux séries de chiffres se passe de commentaire, et c'est précisément le genre d'écart qui justifie le réexamen en cours. À noter que l'absorption du fer à partir des oxydes de fer est faible, ces pigments étant très peu solubles.

Les autres réserves formulées

L'avis s'accompagne de plusieurs recommandations techniques. Le groupe scientifique a demandé qu'une distinction claire soit faite entre les trois oxydes actuellement réunis sous le même code — oxyde de fer jaune, rouge et noir —, par exemple en leur ajoutant une lettre, ces substances ayant des propriétés physico-chimiques différentes et pouvant être employées séparément.

Il a également demandé que la taille et la distribution granulométrique des particules figurent dans les spécifications, compte tenu de l'importance potentielle des nanoparticules. Enfin, il a jugé que les limites maximales en éléments toxiques présents comme impuretés — cadmium, arsenic, plomb, mercure — devraient être revues, et signalé que le nickel, autorisé jusqu'à 200 mg/kg dans cet additif, pouvait accroître sensiblement l'exposition alimentaire à ce métal.

Cette synthèse a été établie à partir des avis officiels cités en fin de page et vérifiée le 24 août 2026.

Pourquoi le E172 n'a-t-il pas de DJA ?

Contrairement aux additifs classés « ADI not specified », pour lesquels l'EFSA estime qu'aucun chiffre n'est nécessaire tant la marge de sécurité est large, l'absence de DJA du E172 traduit une évaluation inachevée : le groupe scientifique a conclu en 2015 qu'il ne pouvait pas mener une évaluation adéquate de la sécurité de cet additif, faute d'une base de données biologiques et toxicologiques suffisante, et a demandé que des données complémentaires soient produites. Le comité mixte FAO/OMS avait, lui, retenu une DJA de 0 à 0,5 mg par kilo de poids corporel et par jour en 1980.

Dans quels produits trouve-t-on le E172 ?

Le E172 est recensé dans 505 produits vendus en France, d'après la base collaborative Open Food Facts.

Quelques exemples parmi les produits les plus scannés qui en contiennent :

Liste indicative : les recettes changent régulièrement et un même produit peut exister en plusieurs versions. Seule la liste d'ingrédients sur l'emballage fait foi.

Sa famille de codes

Le E172 est une variante du E172 — Oxydes et hydroxydes de fer.

Questions fréquentes

Le E172 est-il dangereux ?

Le E172 fait partie des rares additifs sur lesquels l'EFSA n'a pas pu se prononcer : dans son avis de 2015, le groupe scientifique a conclu qu'une évaluation adéquate de la sécurité du E172 ne pouvait pas être conduite, la base de données biologiques et toxicologiques disponible étant insuffisante. Cela ne signifie ni qu'il est dangereux, ni qu'il est sûr — mais que la question reste ouverte.

À quoi sert le E172 ?

C'est un additif de la famille « Colorant » : son rôle est de donner ou raviver une couleur : un aliment industriel perd souvent sa teinte à la cuisson ou au stockage, le colorant la restitue (ou invente une couleur plus appétissante que nature).

Dans quels aliments trouve-t-on le E172 ?

Le E172 est recensé dans 505 produits vendus en France (base collaborative Open Food Facts). On le trouve par exemple dans : Knaggies 100% végétal (BETTER BALANCE), Milka (Milka), Cukr. M &M ?okoláda 90G (Mars). Les recettes évoluant régulièrement, la liste d'ingrédients sur l'emballage fait foi.

Pourquoi le E172 n'a-t-il pas de DJA ?

Contrairement aux additifs classés « ADI not specified », pour lesquels l'EFSA estime qu'aucun chiffre n'est nécessaire tant la marge de sécurité est large, l'absence de DJA du E172 traduit une évaluation inachevée : le groupe scientifique a conclu en 2015 qu'il ne pouvait pas mener une évaluation adéquate de la sécurité de cet additif, faute d'une base de données biologiques et toxicologiques suffisante, et a demandé que des données complémentaires soient produites. Le comité mixte FAO/OMS avait, lui, retenu une DJA de 0 à 0,5 mg par kilo de poids corporel et par jour en 1980.

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Données vérifiées le 14 août 2026. Ces informations sont fournies à titre pédagogique : elles synthétisent des évaluations officielles et ne remplacent pas un avis médical (allergie, intolérance, régime particulier). Sources : Base additifs Open Food Facts (ODbL) · EFSA — Autorité européenne de sécurité des aliments · Règlement (CE) n° 1333/2008 (liste UE des additifs autorisés) · EFSA (2015) — Réévaluation des oxydes et hydroxydes de fer (E 172) · Commission européenne (2016) — Appel à données sur le E 172 · Fiche E172 sur Open Food Facts.